Exercici 2
Comprensió escrita2: Compréhension écrite
ÊTRE GENTIL NOUS REND HEUREUX
Les gens gentils ne sont pas toujours considérés. On profite d’eux, on les regarde presque avec pitié, lâchant un « oh, lui, il est gentil » condescendant. Dans un contexte de plus en plus individualiste, les actes de gentillesse désintéressés sont rarement appréciés à leur juste valeur. Et pourtant, ils pourraient être l’une des clés, très ordinaire, du bonheur au quotidien. Une étude américaine vient d’analyser ces attentions, gestes bienveillants et autres services rendus sans contrepartie et, surprise, leurs effets iraient bien plus loin qu’on croit. De quoi nous donner envie de devenir de vrais gentils.
La gentillesse fait au moins deux heureux : la personne qui bénéficie d’une action en sa faveur, mais aussi celle qui en est l’autrice. Jusqu’à quel point ? « Même s’ils accroissent souvent le bonheur, les actes de bonté, comme accompagner en voiture un ami qui en a besoin ou apporter de la nourriture à un parent malade, peuvent être assez rares parce que les gens sous-estiment à quel point ces actions font que leurs bénéficiaires se sentent bien », résume l’étude de l’Université du Texas, à Austin.
Amit Kumar, chercheur de cette université, et Nicholas Epley, un psychologue de l’Université de Chicago, ont réalisé une série d’expériences pour mieux comprendre le phénomène. Ainsi, les chercheurs ont demandé à des étudiants d’effectuer deux actions gentilles de leur choix en 48 heures, sans rien en attendre en retour : l’une envers un inconnu et l’autre au bénéfice d’un ami. Ces étudiants devaient ensuite répondre à un questionnaire pour évaluer leur humeur et celle du bénéficiaire, sur une échelle de –5 à 5. Les scientifiques ont également envoyé un e-mail aux bénéficiaires pour leur poser la même question.
L’évaluation moyenne par les acteurs de l’effet de leur geste était de 2,32, alors que les bénéficiaires, eux, l’évaluaient à 3,55. « Les acteurs comme les bénéficiaires étaient de meilleure humeur après », assure Amit Kumar, « mais il était clair que les acteurs sous-estimaient la valeur de leurs actions. » « Se livrer à* des actes de gentillesse gratuite accroît le bonheur à la fois des donneurs et des receveurs, mais nous avons découvert que les donneurs sous-évaluent systématiquement leur impact positif sur les receveurs », résume l’étude. Cette sous-évaluation aurait des conséquences négatives pour la société dans son ensemble, puisqu’elle conduit tous ceux qui sous-estiment les effets de la gentillesse à s’y livrer* moins souvent qu’ils le pourraient.
« Je pense que ces données sur le bien-être et le bonheur sont en quelque sorte le secret d’une vie heureuse », révèle le scientifique. « Ce n’est pas l’intensité des expériences positives qui peut vraiment prédire le bonheur dans la vie, c’est leur fréquence. Un paquet de petits instants positifs au fil de la journée dans des moments où on n’irait pas forcément bien. Vous êtes sur votre trajet pour le travail, vous marchez sur le trottoir, à chaque moment où vous pouvez atteindre quelqu’un, dites bonjour, souriez à quelqu’un, aidez quelqu’un avec quelque chose, contactez un ami. » Et si nous mettions ces conseils en pratique pour devenir gentils et heureux ?
D’après L’Obs (6 septembre 2022)
* se livrer à quelque chose : S’appliquer, se consacrer à quelque chose.
Dans les questions ci-dessous, choisissez la réponse qui convient (UNE seule réponse est correcte). Attention : chaque réponse incorrecte diminuera de 33 % les points prévus pour chaque question (–0,125). Cette diminution ne sera pas appliquée dans le cas des questions pour lesquelles vous ne donnerez pas la réponse. [3 points : 0,375 points par réponse correcte]
- 1.D’après le texte, est-ce qu’en général on a une bonne opinion des gens gentils ?
- a)Oui, tout le monde aime bien les gens gentils.
- b)Les personnes gentilles ne sont appréciées que par les gens qui sont eux-mêmes gentils.
- c)Non, en général, ils ne sont pas très appréciés.
- d)Le texte ne permet pas de le dire.
- 2.Est-ce que, d’après le texte, les résultats de la recherche mentionnée étaient prévisibles ?
- a)Oui, tout à fait.
- b)Un peu, mais pas beaucoup.
- c)Le journaliste ne se prononce pas à ce sujet.
- d)Non, pas du tout.
- 3.D’après le texte, pour qui un acte de gentillesse est-il bénéfique ?
- a)Pour le destinataire de cet acte.
- b)Pour celui qui est gentil.
- c)Pour les deux.
- d)Le texte ne permet pas de le dire.
- 4.Est-ce que, d’après la recherche mentionnée dans le texte, les donneurs et les receveurs des actes de bonté apprécient dans la même mesure les bénéfices de ces actes ?
- a)Oui, les deux y voient le même bénéfice.
- b)Non, les receveurs valorisent davantage les actes gentils.
- c)Non, les donneurs valorisent davantage les actes gentils.
- d)Les résultats de la recherche ne sont pas concluants à ce sujet.