Ejercicio 1 — Bloque I · Compréhension et expression écrites
Comprensión escrita5 puntosBLOQUE I : COMPRÉHENSION ET EXPRESSION ÉCRITES (5 Points)
Des marées de plastique gangrènent les pays d’Asie
Des habitants dont la santé est mise en péril par ce fléau livrent leur témoignage. Des travailleurs de plusieurs nations asiatiques se sont rendus à Genève pour dresser un état des lieux de la situation chez eux et décrire un quotidien miné par la pollution plastique qui y sévit.
Kulsum Beghum, 55 ans, trie les déchets dans une décharge de Dacca, au Bangladesh. Son sang présente un taux très élevé de 650 microplastiques par millilitre, selon une analyse financée par le syndicat des récupérateurs de déchets.
« Le plastique n’est pas bon pour moi », dit-elle, via un traducteur, au cours d’un entretien à Genève, en marge des négociations destinées à écrire le premier traité plastique international, où elle est venue témoigner de ses conditions de travail aux côtés des représentants de 184 pays. Aujourd’hui, dans un pays parmi les plus fragiles économiquement de la planète, le plastique envahit tout, il tapisse les rues et les plages et il obstrue les canalisations. Mme Beghum voudrait surtout que les plastiques non recyclables soient interdits, car elle ne peut pas les revendre, ceux-ci n’ayant aucune valeur marchande. Même remarque chez l’Indienne Indumathl (qui ne donne pas de nom de famille) venue de Bangalore, en Inde, également pour témoigner : 60 % des déchets plastiques qui arrivent dans le centre de tri qu’elle a créé « sont non recyclables », dit-elle. « Personne ne les ramasse dans les rues et il y en a beaucoup », ajoute-t-elle.
Selon un récent rapport de l’OCDE portant sur le plastique en Asie du Sud-Est, des « politiques publiques plus ambitieuses pourraient faire baisser les rejets de plus de 95 % d’ici à 2050 » dans ces pays où la consommation de plastiques a été multipliée par neuf depuis 1990. Mais, pour les militants de l’environnement, la tâche est rude devant cet océan de plastique.
« Ce n’est pas la demande du consommateur » qui en est la cause, estime Seema Prabhu de l’ONG Trash Heroes, basée en Suisse et travaillant principalement dans les pays d’Asie du Sud-Est. « Le marché a été inondé » d’objets en plastique à usage unique qui remplacent des objets traditionnels en Asie comme les emballages en feuille de bananier en Thaïlande ou en Indonésie. « C’est un nouveau colonialisme qui érode les cultures traditionnelles », dit-elle à l’AFP.
Le journal de Montréal, vendredi le 15 août 2025 (texte adapté)
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